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Biographie

de l’artiste peintre

"MOUBINE"

« D’un oeil, regarder le monde extérieur,

de l’autre, regarder au fond de soi-même. »

Amadeo MODIGLIANI

 Artiste peintre, autodidacte, Omar MOUBINE,  né un soir de l'été 1974 en Corne d'Afrique, sur le « Territoire Français des Afars et des Issas » (devenue la République de Djibouti après l’indépendance en 1977), est bercé dans un foyer modeste et douillet. Il est entouré d’une famille multiculturelle, d'architectes, d'ingénieurs, d'hommes et femmes d'affaires, d'entrepreneurs, de père en fils, et d'amateurs musiciens et plasticiens, où la musique, la peinture, la lecture, l'art, dans toutes leurs formes et styles, sont discussions courantes, et les histoires d'aventures des voyages vécus entre l'Afrique, l'Occident, l'Asie et le Moyen-Orient, sont partagées et relatées.

   Enfant très actif et toujours souriant, il est guidé par la main de son père qu’il décrit en ces mots: « Il dessinait comme Raphaël! Il ne m’a jamais dit comment faire. Il regardait beaucoup quand il dessinait, et parlait peu. Les fins de weekends, après la sieste, il lui arrivait de passer de très longues heures dans son bureau, sur sa table de dessins industriels, à réaliser ses croquis et dessins artistiques. Il me montrait, je découvrais. J’essayais de faire pareil. J'avais tellement envie de lui ressembler. Le seul exercice d'art qu’il m’est jamais donné à faire était de réaliser un dessin de ma main. J’ai mis plusieurs semaines avant de lui présenter une planche. Il disait rarement quelque chose devant mes travaux. Mais je pouvais en avoir une idée par son regard et le temps qu’il mettait à regarder. Le soir, quand il passait voir si je dormais, il ne disait rien si je dessinais. Il m’a appris à aimer la pêche, la philosophie, la poésie, à écouter la musique, à développer l’intellect, la méditation, le goût du travail manuel, le labeur, et la satisfaction de la tâche accomplie. Il m’a inculqué la valeur du don de soi et que les chemins de la réussite sont parsemés de sacrifices et d'échecs. Mes travaux artistiques sont le fruit de mes certitudes, comme de mes doutes, d’expériences, souvent maladroites, mais ils restent à mes yeux, le résultat de ma plus belle réussite. En essayant de vivre de « mon art », je réalise aussi le rêve de mon père.»

   Très jeune, l'artiste s'initie aussi aux arts-martiaux avec le karaté, en parallèle du tennis qu'il pratique plusieurs années au Club des Cheminots. Puis au lycée, il se consacre au basket-ball en jouant avec l'équipe Koularos (équipe sponsorisée par l’entreprise privée du même nom) et joue parfois au volleyball.

(à droite: photo de médailles reçues lors de tournois auxquels il participe)

    Mais il aime, par-dessus tout, passer de longues nuits à dessiner et à colorier, seul dans son antre, son territoire, dans une ambiance feutrée, à la décoration qu’il aime modifier plusieurs fois dans l’année, au grès de ses inspirations. Il aime particulièrement reproduire des fresques, à même les murs de sa chambre, inspirées de scènes de livres, magazines ou bande-dessinées que son père lui achète, avec une préférence pour les portraits, corps sculptés et animaux féroces. Parmi les livres de mathématiques, physique, biologie, aérospatial, astronomie, histoire, géographie, navigation, mythologies antiques et manuels de survie de scouts, on trouve les classiques: Molière, Voltaire, Zola, Victor Hugo, Camus, Verlaine, Rimbaud, etc., et les encyclopédies grands formats qui lui fournissent une mine de visuels et d’informations sur des oeuvres de grands maîtres, tels que El Greco, Rembrandt, Le Caravage, Michel-Ange, De Vinci, Goya, Gentileschi, Velasquez, Matisse, Renoir, Degas, Monet, Manet, Rodin, Chiroco, Dali, Picasso, Kandinsky, Polock, ou encore Rothko, et dans lesquelles il aime se plonger de longues heures durant. S’il est en adoration devant « La Pieta » de Michel-Ange, il s’émerveille devant les portraits de Rembrandt, se nourrit du « David et Goliath » de Caravaggio, et aime l’oeuvre de Francis Bacon.

   Ses étagères regorgent aussi de Akila, Rahan, Conan, Spirou, Boule & Bill, Gaston Lagaffe, Blueberry, Black & Mortimer ou encore Michel Vaillant. Pendant les années collège et lycée, on le trouve, en fond de classe, à reproduire au crayon ou au stylo, sur feuilles volantes et sur les tables des scènes avec ses personnages préférés; parfois en compétition avec d’autres camarades dessinateurs.

  A la mi-1989, poussé par son père, il participe à son premier concours pictural international. La même année, en octobre, alors âgé de quinze ans, lui est décernée, au Grand-Théâtre du Caire, en Egypte, la médaille d'or junior en Beaux-Arts des vingt quatre pays arabes pour une oeuvre figurative réalisée dans un style alliant bande-dessinée, fauvisme et cloisonnisme. Une peinture que le journal djiboutien « La Nation », du jeudi 16 novembre 1989, décrit en ces termes: « [...] faite de couleurs criardes choisies avec une facture d'une grande méticulosité, la vision du jeune peintre s'est enrichie de plusieurs réalités qui, au-delà des apparences brutes, atteignent une richesse et une plénitude qui confondent délectation du regard et joie de l'esprit [...] ».

(à droite: deux photos superposées:

celle de droite: photo de l'artiste le jour de la réception de sa médaille d'or en junior en Beaux-Arts des 24 pays arabes;

celle de gauche: une photo du journal quotidien djiboutien « La Nation » du 16 octobre 1989 - avec une photo de l’artiste tenant sa médaille d’or reçue à l'âge de 15 ans au Caire)

(ci-dessus:

photo de l’artiste en 1993)

   En 1993, il part en France pour poursuivre des études en Sciences-Economiques et Sociales, à Reims. A son arrivée, son oncle maternelle lui offre une guitare et il entreprend de devenir musicien en parallèle. A cette période, il fait quelques passages furtifs à l’école des Beaux-Arts de Reims, fréquentant ces bancs grâce à son amie qui y étudie la photographie et du professeur de l’atelier de dessin qui apprécie son travail. 

  De 1995 à 1998, il rejoint plusieurs groupes de musiques, mais s'investit plus particulièrement avec le groupe "Blueskank", qu'il accompagne aux claviers et aux chœurs avec le nom de scène « Mystic Omar », qui lui est attribué pour son côté réservé et ses compositions « décalées », comme sa vie, d’ailleurs.

   Ils sont une bande d'amis musiciens qui pouvait atteindre douze personnes sur scène et qui se distinguait par ses airs de reggae-blues, aux chants harmonieux et au verbe engagé, autant dans l'amour que dans la vie. Parmi leurs prestations, citons notamment les premières parties de groupes internationaux comme Steel Pulse, Lee Scratch Perry, Max Romeo, Gladiators, Israel Vibration ou encore les I Three & The Wailers. En 1997, ils jouent dans les premières parties de la Fête de l'Humanité à Paris, devant près de dix mille personnes, en ouverture du concert qui a reçu, entre autres, Cesaria Evora, The Wailers, Celtas Cortos, Cheb Mami et Louis Bertignac. En 1998, il rejoint le groupe de musique Life Tree, puis fin 1999, il arrête définitivement de se produire sur la scène reggae française.

  De 1995 à 1998, il rejoint plusieurs groupes de musiques, mais s'investit plus particulièrement avec le groupe "Blueskank", qu'il accompagne aux claviers et aux chœurs avec le nom de scène « Mystic Omar », qui lui est attribué pour son côté réservé et ses compositions « décalées », comme sa vie, d’ailleurs. Une bande musiciens qui pouvait atteindre douze personnes sur scène et qui se distinguait par ses airs de reggae-blues, aux chants harmonieux et au verbe engagé, autant dans l'amour que dans la vie. Parmi leurs prestations, citons notamment les premières parties de groupes internationaux comme Steel Pulse, Lee Scratch Perry, Max Romeo, Gladiators, Israel Vibration ou encore les I Three & The Wailers. En 1997, ils jouent dans les premières parties de la Fête de l'Humanité à Paris, devant près de dix mille personnes, en ouverture du concert qui a reçu, entre autres, Cesaria Evora, The Wailers, Celtas Cortos, Cheb Mami et Louis Bertignac. En 1998, il rejoint le groupe de musique Life Tree, puis fin 1999, il arrête définitivement de se produire sur la scène reggae française.

   En janvier 2000, il met un terme à sa vie d’artiste musicien en entamant une carrière dans l’économie de la construction, à Djibouti, lui permettant ainsi de se rapprocher du premier art, qu'il affectionne depuis son enfance : l’architecture. Il commence comme technicien économiste de la construction dans un cabinet d’études, où il entame une formation très poussée en dessin industriel et architectural assisté par ordinateur. Il contribue à propulser le cabinet au premier rang sur le marché local. Un désaccord financier met fin à cette collaboration pourtant très prometteuse.

   Deux mois après, en janvier 2004, il est invité à assurer la position de chef de projets puis directeur du cabinet d’études d’une grande entreprise de construction de la Corne d’Afrique. Il construit des ports, des routes et complexes immobiliers de haut-standing. En 2008, dans le cadre de cette fonction, il est abusivement arrêté à deux reprises, dont une fois piégé naïvement par la Gendarmerie Nationale qui le met en cellule et le questionne sur une dénonciation du colonel de la garde républicaine pour diffamation à l’encontre du président de la république malgré ses bons rapports avec ce dernier. La diffamation porte sur l’absence de ponctuation entre deux anagrammes dans une lettre écrite, signée par l’artiste, adressée au colonel de la garde républicaine dans le cadre d’un projet résidentiel.Il est relâché suite à un appel téléphonique du président lui-même, ironiquement.

   Début 2009, d’autres raisons politiques découlant d’un fort désaccord entre son employeur et le président en place, le poussent à quitter le pays. Il repart rejoindre sa famille en France, avec une valise dans chaque main et deux cents euros en poche.

 Quelques mois plus tard, il accepte une proposition pour un poste de directeur grand-projets dans une société d’investissements et de promotions immobilières, « Ocean Breeze for Investment & Development Ltd. », basé à Sana’a (Yémen). Il est en charge du plus grand projet résidentiel de luxe (cf. première photo de la page 5) sur les plages situées à la frontière yéménite de la Mer-Rouge et de l’Océan Indien: la Baie de Sirah où trône encore le fort anglais du siècle dernier. Trois ans plus tard, il cumule la position de conseiller en investissements et promotions immobilières auprès du conseil d’administration de la Banque Internationale du Yémen (IBY). Dans le cadre de cette fonction, il fait plusieurs voyages par an entre le Yémen, la France, Monaco et l’Egypte. 

 (ci-dessus, une photo de l’artiste 

prise à l’époque de sa mission

au Yémen - 2013)

(ci-dessus, une copie de l’affiche du projet résidentiel de la Baie de Sirrah à Aden, au Yémen)

   Fort de son (jeune) vécu, inspiré par ses voyages, les mythologies du monde, féru des civilisations antiques, du symbolisme, des sciences, de l’histoire, amoureux des musées et des expositions artistiques, inconditionnel de la couleur et des artistes de la Renaissance et du XXième siècle, d’une curiosité insatiable, il ne cesse de s’entourer d’art et de s’en abreuver.

   En 2011, une guerre tribale éclate à Sana’a, opposant deux factions militaires armées dans les rues de la Capitale. L’aéroport fermé du jour au lendemain, il reste terré dans sa maison des jours entiers. A travers les grilles des fenêtres, il filme avec son téléphone portable les tirs de canons tirés de la caserne située sur le sommet de la colline qui jouxte son aire résidentielle et qui s’abattent à quelques centaines de mètres de son lieu. Les échanges de tirs des mitraillettes lourdes sont plus assourdissant la nuit. Il sort lors des cesser-le-feu éphémères. Il voit des rues vides de gens et pleines d’engins de la mort, des militaires, des mercenaires, de la souffrance et des cadavres.

  La paix revenue dans la capitale, la vie reprend son cours en quelques semaines. Il décide finalement de rester et s’enhardit de développer plus sérieusement ses objectifs artistiques. Il commence à peindre du figuratif et champs abstraits en huile et à l’acrylique. Des hauteurs des montagnes yéménites, dans son appartement de fonction de quatre cents mètres carrés, il trouve toute la place nécessaire pour un atelier digne de ce nom. Il peint quand il rentre l’après-midi et tous les weekends s'il n’est pas en déplacements pour des missions de plusieurs semaines parfois. Il laisse ses inspirations le guider et s’aperçoit de ses lacunes à dessiner et peindre comme dans sa jeunesse. Les années  d’économie, d’architecture, d’ingénierie, de finance et de management ont eu raison de ce qu’il chérit le plus. Mais il ne baisse pas les bras et s’acharne à produire.

(photo ci-dessous à droite : « Tête Coupée » huile sur toile mixte de 70x116cm - restée au Yémen avec une amie de l’artiste)

(dessin à gauche: 

un croquis au crayon de l’artiste réalisé dans la période de sa reprise des dessins après plusieurs années d’arrêt - collection privée)

(à droite :

toile sans titre à l’huile et au marqueur indélébile noir sur toile mixte de 100x100cm - restée au Yémen avec une amie de l’artiste)

  Fin 2013, le grand peintre abstrait djiboutien et ex-ministre de la Communication et Télécommunications à Djibouti, Riki BAMAKHRAMA, le sollicite pour écrire la  préface de son second ouvrage « Les Espaces Colorés » consacré à la rétrospective de la seconde partie de l’oeuvre artistique de ce dernier.

 Le catalogue en grand format, de grande facture, est imprimé avec la préface, en trois langues, distribué dans les grandes librairies de Djibouti et aux Emirats-Arabes-Unis. Un texte dont l'artiste tire une certaine fierté. Il reçoit une montre Rolex en remerciements de son travail littéraire.

(à gauche, deux photos superposées:

celle du dessus: une partie de texte de la préface écrite par Moubine l'ouvrage "Les Espaces Colorés"; celle du dessous: la jaquette arrière de l'ouvrage "Les Espaces Colorés" avec une partie de la préface de l'artiste en pitch;

    A cette période, il réalise, pour le compte de l’Ambassade de l’Union Européenne à Sana'a, en collaboration étroite avec Christian BEGUE, représentant de l’ambassade, contre un euro symbolique, un concept d’architecture zen doté de super-structure anti-explosions. Après étude de son projet, reçu par une délégation européenne en mission à Sana’a, l’artiste donne son accord pour que le concept puisse être reproduit dans d’autres pays.

    Jusque juin 2014, il peint du figuratif et des toiles abstraites aux correspondances flagrantes avec le travail de Paul Klee, Serge Poliakoff, ou encore les aplats et les perspectives  imaginaires de Nicolas de Staël, et les influences de couleur à l’état pur sur la lumière. Puis il bascule vers des aplats purement abstraits. D’abord aux coups de pinceaux et spatules vigoureux (cf. photo ci-dessous), puis dans un style d’aplats géométriques, au geste plus posé, « doux », calculé, donnant moins de chance à « l’heureux accident », proposant un fil de pensée, une ouverture vers son ailleurs, allant vers l’essentiel, avec simplicité. Le trait, la manière, sont libres, rigoureux; la traduction d’une profondeur, sans artifices; usant de codes artistiques que d’autres considèrent désuets et qu'il estime pourtant nécessaire à l’alchimie involontaire. 

(Ci-dessus, l’oeuvre « Blues » réalisée en 2015 avec des aplats vigoureux et aléatoires à l’acrylique sur lin de 130x113 cm  - collection privée)

    Au troisième trimestre de l’année 2014, malgré ses responsabilités professionnelles, le Consulat de France le pousse à quitter le pays en proie à l'instabilité. Il laisse tout derrière lui, une seconde fois dans sa vie. Il part avec deux valises et quelques économies. 

    Octobre 2014, de retour en France, il pose définitivement ses valises à Tours. Deux semaines plus tard, foudroyé par une prise de conscience, il met fin à sa carrière de cadre qui le fait voyager et côtoyer, lors de ses missions, présidents, princes et hommes d’affaires, et l’immerge dans le monde du luxe et de l’art. Mais il veut se consacrer entièrement à sa création artistique. Il entreprend, un mois plus tard, avec ses petites économies, de fonder sa société de créations d’art plastiques.

  En décembre 2014, reconnu pour ses toiles abstraites aux champs colorés, il reçoit, de la part d’un de ses anciens employeurs, et collectionneur d’art, sa première commande à l’acrylique, pour contribuer à garnir l’appartement de plusieurs centaines de mètres carrés situé au septième arrondissement de Paris. Il travaille alors sur les effets de lumière, de contraste et plus spécifiquement sur les propriétés des compositions et des proportions chromatiques, leurs effets et leur impact visuel: la « psychologie de la couleur ». 

  Ses travaux et sa conception de l’art abstrait, représente son écoute de la nature, les sens, les choses, les « esprits », incarnés dans les traits, les points, la forme, dans la couleur. Avec la conviction du parallèle artistique relevant que « comme la poésie est à la littérature, l’abstraction serait à la peinture: une poésie de l’image, de la sensation ».

(la toile "WNAW" (73x92cm) fluides acryliques sur lin - collection privée)

     Il s’intéresse aussi, à cette occasion, aux manifestations des mélanges de fluides sur la toile (cf. photo de droite). Il pousse ainsi ses expériences sur l’alchimie involontaire et « l’heureux accident ».

     En février 2015, il installe une première exposition privée d’une vingtaine de toiles abstraites dont il en vend sept. Parmi ces dernières, la toile Twins#1 (cf. photo ci-dessus avec l'artiste) qui résulte d'un travail de plusieurs années de recherches et d’expériences conséquentes. 

(photo ci-dessus prise lors d’une visite à Paris en avril 2018 : Moubine avec sa toile Twins#1 (180x180 cm) accrochée sur le même mur du salon de réception du collectionneur parisien depuis février 2015)

 Le 14 juillet 2015, sur la place du marché de Joués-les-Tours, il est agressé  par une bande d’une quinzaine de jeunes qui le mettent à terre et l'assènent des coups de pieds, sur la tête et le corps, comme dans un ballon. Puis ils agressent les sexagénaires, dont la mère de l’artiste. Dans un élan d’adrénaline et avec l’aide de certaines personnes attirées par la bagarre, l’artiste réussit à mettre les vielles personnes dans la petite voiture prêtée par son frère pour l’occasion, s’éloigne, puis appelle les pompiers et la police. Ils seront hospitalisés quelques heures. L’artiste souffre de divers hématomes et d’un traumatisme crânien sévère. A chaque mouvement de la tête, il est sujet à des vertiges, il perd l’équilibre. Il doit rester au lit et ne peut assister à l’opération chirurgicale que subie, quelques jours plus tard, sa mère pour sa main blessée lors de l'agression. Il peint près de son lit la toile « Les Fleurs de ma Mère » (photo en haut à droite - collection privée) et lui offre à sa sortie de l’hôpital. Il met plusieurs semaines avant de pouvoir marcher normalement de nouveau. Il réalisera, plus tard, la « Série Noire ». Aujourd’hui encore, les mouvements brusques lui donnent des vertiges importants

 (ci-dessus: la toile "Les Fleurs de ma Mère" (2015) - collection privée;

à droite: la toile intitulée « le 14 juillet 2015 » de la Série Noire que l’artiste peint après l’agression)

(ci-dessus : la toile "L'Inconnu" 2015 - 65x81 cm - acrylique sur lin)

  Septembre 2015, il prend un appartement dans une résidence, près du centre ville de Tours, rue Groison, sur les bords de Loire. Quatre-vingt-dix mètres carrés, baignés de lumière, qu’il meuble d’un lit et d’une armoire, sans réfrigérateur, ni télévision, sans table à manger, ni fauteuil ou divan, et les transforme en atelier de production, de séchage, de stockage et d’archivage. Dans son nouvel environnement, calme, propice à la  méditation, aux longues balades sur les bords de Loire, des influences artistiques très anciennes refont surface et se renforcent dans ses idées. Il procède alors à un basculement, sans transition, vers un monde pictural figuratif, portraitiste, qui lui offre la palette expressive infinie qu’il cherche et aime. Il investit dans un volume conséquent de stock de matériels et d’outils, et se met au travail. Il produit beaucoup, sans relâche, comme pour rattraper un trop de temps perdu. Il faut parfois enjamber les oeuvres pour se frayer un chemin dans le couloir et les pièces. On retrouve des toiles empilées même dans les toilettes et le coin cuisine. Tous les murs sont parsemés de toiles finies pour son propre plaisir. Il aménage la plus grande pièce en « galerie permanente », où il reçoit les visiteurs, en y installant des chevalets d’exposition (cf. photo ci-dessous avec la toile "Excision"), une table basse pour les catalogues et les magazines, une bibliothèque pour ses livres anciens et un petit bureau avec une des deux chaises disponibles.

  Novembre 2015, il crée son site internet www.moubine.com et réalise sa première  exposition collective publique qui se tient à l'annexe de la mairie de Tours aux quartier des Fontaines, dans le cadre du forum des adhérents de l'association « Aux Fontaines de l’Art » (dont il est le secrétaire général de février 2016 à mars 2017). A cette première exposition collective publique, l’artiste présente ses toiles figuratives.

   Fin 2015, l’agression du 14 juillet encore à l’esprit, il décide, sur un coup de tête, un après-midi en passant devant une agence de voyage, de faire un voyage au Maroc. Deux jours après, il atterrit à Marrakech. Il rencontre alors un monde complètement différent et pourtant si familier. Beaucoup lui rappelle le Moyen-Orient et ses traditions séculaires. Il voit des gens heureux de vivre, même dans la simplicité; des  comportements nobles. Il est accueilli à bras ouverts. Il fait de belles rencontres. Il voit un Islam différent de la France, des gens différents des pays du Golfe, et des moeurs et attitudes différentes de celles qu’il connaît. A Marrakech, respecté et honoré par des invitations et des cadeaux, il tombe amoureux de la ville, de son histoire, de ses couleurs, son architecture, de son climat, chaud le matin et frais le soir, de ses gens et promet de revenir. De retour, il retravaille sur la toile « Desert Blues » (à droite: toile « Desert Blues » accrochée à l’Université de Djibouti).

(photo ci-dessus: l'artiste Moubine au travail sur la toile "Excision" dans son atelier de la rue Groison en 2016;

à droite: la toile "Desert Blues" -,accrochée à l'Université de Djibouti depuis 2016;

    L’année 2016 commence avec des vidéos qu'il publie sur Youtube et une exposition solo dans trois agences du Crédit Agricole en simultané. Il initie avec son banquier ce projet de mécénat dont d’autres artistes, comme le sculpteur Bernard Dublé, en bénéficient aujourd’hui. Le journal « La Nouvelle République » publie un article à propos de cette exposition.

    Devant la critique positive du public, il est invité par la directrice de l’Espace Jacques Villeret, Marie-Thérèse CLAIR, à exposer en solo, du 3 au 20 mai 2016, dans le grand hall du centre multiculturel, avec un vernissage qui se déroule le 12 du même mois. Puis il participe à plusieurs expositions collectives, comme à l'événement « Les Créateurs s’Exposent » sur la Place de Strasbourg à Tours, le 22 mai. A la fin du mois, il présente ses portraits et la toile « Excision » au weekend portes ouvertes des Ateliers de la Morinnerie, sur l’invitation d’un ami artiste tourangeau Sébastien RUSSO.

(ci-dessus: photo du Marwo Award du Meilleur Artiste de l'année 2016;

  Le 4 juin 2016, pour ses travaux picturaux, lui est décerné le Marwo Award du meilleur artiste de l’année 2016 (photo à gauche), sous le haut patronage de la Première Dame de Djibouti, Odette HAID. On lui propose un poste de conférencier aux département des Arts et Lettres de l’Université de Djibouti. Il décline poliment l’offre, invoquant son manque de qualifications, d’expériences et de dispositions.

D'autres événements marquent l’année 2016: 

 

1- Le portrait du comédien Jacques VILLERET, réalisé et offert par l’artiste à l'occasion du dixième anniversaire de l’Espace multiculturel Jacques VILLERET, à Tours. Il est exposé en permanence au public dans le hall du centre multiculturel (gigantesque complexe de bâtiments abritant aussi l’annexe de la mairie de Tours et les locaux de la Police  Municipale). Le quotidien « La Nouvelle République » lui consacre un article dans son journal (cf. photo à droite);

(à droite: photo de la page 10 du journal « La Nouvelle République »; photo et article par Daniel POUSSIN)

2 - Très engagé dans le soutien aux enfants malades, l’artiste réalise la toile « Lydia », accroché dans la salle d’attente du cabinet de consultation en neurochirurgie du Dr. GUEYE, au CHU de Limoges;

3 - Dans son engagement avec le mouvement international de « Stop MGF » (Mutilations Génitales Féminines), l’artiste réalise une grande toile figurative « Excision » (cf. photo de la toile encadrée sur chevalet ci-dessous). Elle est aujourd’hui accrochée dans l’entrée de la salle de conférence de l’Union National des Femmes Djiboutiennes. Des imprimés sommaires de l’oeuvre sont réalisés par les jeunes associations djiboutiennes et distribués dans l’Afrique de l’Est. Un de ces imprimé est remis au Service Culturel de l’Ambassade des Etats-Unis à Nairobi;

(ci-dessus, la toile « Excision », encadrée, sur chevalets, parmi d’autres portraits dans l'atelier de la rue Groison à Tours en 2016)

4 - En hommage à ses origines pountaises, sabéennes, il réalise une grande toile inspirée d’une photo de l’Office du Tourisme de Djibouti. La toile « Le Berger » (cf. page 12 - couverture du roman « Semlles de Vent » de Rachid Hachi) est cédée, sans contre-partie, à l’Université de Djibouti pour être accrochée dans le hall de la bibliothèque de la nouvelle université, bientôt inaugurée;

5 - En hommage au père Jacques HAMEL, l’artiste réalise, dans la douleur, un portrait du prélat. Destinée pour sa propre collection, il met une photo de la toile sur les réseaux sociaux. Une petite photo est imprimée et accrochée par un internaute rouennais qui prend au préalable l’accord de l’artiste. Suite à l’accueil chaleureux réservé à la photo de la toile par la municipalité et les habitants, l’artiste s’empresse de l’encadrer et de la porter le jour même. Après la cérémonie, l’archevêque de Rouen, Monseigneur Dominique LEBRUN reçoit l’oeuvre. La toile sera diffusée sur toutes les chaînes de télévisions, en France et à l’étranger. Le portrait, exposé deux mois à l’entrée de la grande cathédrale de Rouen, est accroché sur un mur, dans l'église de Saint-Etienne-du-Rouvray, partie intégrante du patrimoine artistique du diocèse de Rouen. Quelques semaines plus tard, un reportage télé sur l’artiste et sa toile est réalisé et diffusé par la Dutch TV. Il est interviewer par la journaliste et productrice Anne-Christine GIRARDOT; 

(à droite: 

poignet de main de l’artiste 

et Monseigneur Dominique LEBRUN - 

à la remise du portrait de père Jacques Hamel (80x80cm) - photo 

parue au journal La Nouvelle République )

(photo à gauche - la toile « Père Jacques Hamel » accrochée dans l’église de Saint-Etienne-du-Rouvray en France)

 (à droite: l’artiste devant les caméras de télévision à la cérémonie d’hommage au Père Jacques Hamel à Saint-Etienne-du-Rouvray en France)

(photo à gauche de Jean-François MONIER: le portrait de père Jacques HAMEL à la Cathédrale de Rouen - un prêtre avec une bannière de la Vierge Marie passe devant)

6 - Les toiles « Desert Blues » et « Pêche en Mer-Rouge » sont accrochées dans le hall du département de la Recherche de l’Université de Djibouti;

7 - Les toiles, «  Le Berger » et «  Excision »,  ainsi le nom de l'artiste, sont publiées en couverture des livres, respectivement, « Semelles de Vent » et « Ayaan Daran », écrits par le psychologue et romancier Rachid HACHI, aux Editions du Net, en France;

  (à droite les deux couvertures des romans «  Semelles de Vent » et «  Ayaan Daran » du psychologue Rachid HACHI)

ci-dessus : couverture du recueil de poèmes avec la toile "Ellipses" (2015) 

8 - L'artiste est invité  par Dr.  Hibo M. ASSOWEH (ex-Sorbonne, Maître de conférence et directrice du département de la recherche de l’Université de Djibouti) à écrire la préface du recueil de poèmes «  Passerelle » (photo à gauche) dont elle dirige la publication. En plus de la préface, le recueil accueille en jaquette une toile abstraite de l’artiste, « Ellipsism » (photo à droite), et sept autres toiles ayant inspirés des poèmes y sont aussi publiées. Le livre est imprimé aux Editions du Net, en France.

(photo ci-dessus à droite - abstraction à l’acrylique sur lin de 81x65cm)

9 - Le 04 septembre 2016, diffusion sur les ondes Radio Nostalgie Guinée, de son interview, portrait de l’artiste Moubine, avec le journaliste non-voyant, Alphadjo CAMARA;

En janvier 2017, l'artiste a été confronté à une situation difficile lorsqu'il a exposé une œuvre controversée dans une exposition solo intitulée « Portraits Au Masculin » au Manoir de la Tour à Saint-Cyr-sur-Loire. L'œuvre en question représentait un portrait artistique d'un personnage emblématique d'un courant religieux, destiné à exalter l'optimisme artistique et l'ouverture d'esprit. Cependant, cette œuvre a déclenché une réaction violente et agressive sur les réseaux sociaux, ce qui a conduit l'artiste à recevoir des menaces physiques et psychologiques.

 

Face à ces pressions, l'artiste a pris la décision de se retirer de la scène publique, en fermant ses comptes sur les réseaux sociaux et en sécurisant son site. Malheureusement, cette décision a conduit à une dépression sévère pour l'artiste, qui s'est coupé de la vie sociale et s'est cloîtré chez lui pendant des semaines, ne sortant que pour des promenades solitaires le long de la Loire.

 

Cette situation a également eu des conséquences financières importantes, avec la fermeture de son atelier et la perte de ses économies. Sans revenus pour couvrir ses charges, il a été obligé de quitter son atelier et de s'installer chez un membre de sa famille. Cette période difficile a laissé des séquelles importantes sur l'artiste, qui a perdu confiance en lui et en son art.

 

Cependant, cette expérience a également permis à l'artiste de réfléchir profondément sur son travail et sur la façon dont il interagit avec le public. Il a compris que son art peut être perçu de manière différente par les personnes et qu'il est important d'écouter et de comprendre les réactions du public. Il a également réalisé l'importance de la communication et de la transparence, et a décidé de travailler à la création d'un dialogue ouvert et honnête avec son public.

 

En fin de compte, cette expérience difficile a permis à l'artiste de se remettre en question et de trouver de nouvelles façons d'exprimer son art tout en respectant les opinions et les croyances des autres. Bien que cela ait été un moment difficile dans sa vie, il a finalement émergé plus fort et plus confiant en tant qu'artiste.

    Dans le même temps, il offre sa toile abstraite « Solitude » à la mairie de Saint-Cyr-sur-Loire, aujourd'hui accrochée dans les bureaux du Service Culturel.

  Fidèle à ses engagements, il réalise, tout le mois de mars 2017, une présentation solo de ses portraits féminins, intitulée « Expression Femme » (cf. à droite flyer avec la toile « Charme »), à l’Espace Jacques Villeret dans le cadre du « Festival Bruissements d’Elles » . Il est le seul homme et peintre parmi les femmes artistes qui exposent dans les différents lieux dédiés à cet événement majeur de la région. Une manifestation consacrée à la mise en valeur de la femme. Il ne sera pas présent aux divers vernissages du Festival, mais il réalise sa première performance sur grande toile devant public. Le journal La Nouvelle République titre: « Epoustouflant Moubine! », et écrit: «  (…) Le public a pu se mettre dans la peau du peintre et découvrir à quel point un tel exercice demande préparation, réflexion, interrogation, compromis. Chacun a pu sentir l'énergie déployée par Moubine, mais aussi une concentration extrême, des gestes précis, des regards et cette prise de recul pour évaluer l'œuvre en devenir. La fin de la performance a été une délivrance pour Moubine, le public qui applaudissait était le signe qu'il avait atteint le cœur des gens. »

 Par la suite, l'artiste développe une forme d’ochlophobie, vivant très mal la remise en cause profonde de ses convictions, sa pensée, sa spiritualité, ses amitiés, même sa famille. Mais il y travaille sans concessions. 

(photo à gauche: photo de l’artiste et sa toile lors de la performance artistique de deux heures à ‘Espace Villeret à Tours - photo de Daniel POUSSIN parue dans à La Nouvelle République)

 Quand il peint, c’est des portraits avec des pastels à l’huile sur papier, au marqueur, à l'encre de Chine, dans sa chambre. (cf. photo ci-dessous)

(à gauche: « Ankestaïs » pastel huile sur papier 30x40cm - 2017)

  (à droite: « L’Orientale » pastel huile sur papier 30x40cm - 2017)

    Fin 2017, vingt-cinq kilos en moins à la  balance, grâce à sa mère, et avec l’aide de ses médecins, il commence à émerger de son état dépressif, apathique, léthargique, et décide de reprendre les choses en main. Mais contre toute attente, contre tous les avis et la logique des choses, sans financement, une vie amicale et affective abyssales, il se met devant son chevalet, installé dans la petite chambre transformée en atelier d’artiste depuis son arrivée, et peint. Il peint deux grands autoportraits en huile, alliant l’abstrait et le figuratif. Il dit à leur propos : « Je peins ainsi le sujet premier et ultime de tout artiste: lui-même. Et ils existent pour me rappeler une période révolue.»

(ci-dessus: photo autoportrait en huile sur lin de 162x114 cm - toile en devenir installée dans l’atelier)

(à droite : autoportrait (120x120cm) en huile stockée pour séchage final de 4 mois avec d’autres toiles dans la chambre du peintre)

    Le crâne dégarni et la barbe grisonnante, son style vestimentaire, sa pensée, ses habitudes changent aussi. Il procède à un revirement dans son approche pictural. Délaissant ses stocks de peintures acryliques pour ressortir ses tubes d’huiles, réduit drastiquement sa palette de couleur, ne veut plus de modèle ou de photo, ne veut plus lire. Enfermé dans son atelier, il crée, travaille, des abstractions, des portraits imaginaires sur toiles, sur cartons entoilés, et sur papiers apprêtés à l’acrylique qui lui permettent de produire beaucoup et garder peu. Il revient à un style  classique qui s’accentue et qu’il affectionne particulièrement avec le clair-obscur, les doigts se chargent de peinture et l’appliquent directement sur la toile, où les traits, les limites, s’estompent, traduisant ainsi, par ce langage pictural, à sa manière, le plus rapidement possible, ce qu’il absorbe naturellement, ce qui l’entoure et ce qu’il cherche à transmettre. La peur du vulgaire disparaît.

Ci-dessous trois photos de peintures en devenir en l’huile , représentatives de la nouvelle grande série que l’artiste produit à Tours depuis février 2018 en perspective de ses expositions 2019/2020. Elles sont toutes trois sans titre, ni signature.

    En janvier 2018, il installe une exposition solo, « Portraits au Féminin », au Pavillon de la Création, à Saint-Cyr-sur-Loire. De février 2018 à février 2019, on peut contempler la toile « Charme » à l’Agence Thiers du Crédit Agricole à Tours. Mars 2018, il rencontre la galeriste, Sarah Gauthier, qui accepte de visiter son modeste petit atelier et décide de l’exposer quelques mois. Elle retient douze oeuvres en noir et blanc, réalisées en 2015/2016, exposées jusqu’au 1er février 2019 à la galerie de l’Art Hotel**** de Rochecorbon, ancien château réhabilité, situé sur les quais de la Loire (photo ci-dessous).

(ci-dessus exposition à la galerie de l’Art Hotel**** à Rochecorbon - sur la photo les toiles (2015), dont, de droite à gauche : « Nina » (Simone), « Ray » (Charles), « Michel » (Petrucciani), « Depression » et « Fear »)

     Le 19 juillet 2018, son travail est évalué par un expert en art indépendant, Monsieur Jacques-Armand AKOUN. Ce dernier transmet aussi un commentaire: "Excellent dans l'abstrait cet artiste est aussi à découvrir dans ses portraits intenses."

 (à droite, une photo récente de l’artiste Moubine - juin 2018)

  Loin d’être un plasticien qui sache parler et faire parler de lui et de ses travaux, architecte, sculpteur, humaniste convaincu, avec un répertoire artistique qui compte quelques centaines d'oeuvres, des créations comme des commandes, ses toiles rejoignent des collections privées et publiques. Des articles qui le citent ou relatent son travail sont publiés dans des journaux et blogs locaux et internationaux. Les critiques sont positives, et l'artiste continue à peindre… 

   © 2015 par MOUBINE                  France

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